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au sujet de la fermeture de la venelle Poicaré


Sur la fermeture envisagée de la venelle Poincaré

Cette venelle d’environ 500 mètres est large, en très bon état, éclairée. Elle relie la rue Henri Poincaré, au coin de l’entrée de l’ancien collège de la Bolière, au coin des rues Vincent Auriol et Edouard Branly. Elle fait partie de l’ensemble des venelles baptisées officiellement, procédure de reconnaissance de leur utilité, lors du Conseil Municipal du 15 février 2013.

D’un coté, elle longe le terrain du collège et du gymnase. Coté sud, elle est bordée de 14 propriétés riveraines. Les deux premières, coté rue Branly ne seraient pas vraiment concernés par une fermeture en raison de la nécessité de garder l'accès au gymnase Bolière. Les deux dernières, coté rue Poincaré ne le sont pas non plus car donnant sur l'entrée du collège. Donc en fait, dix maisons sont directement concernées.

Elle est empruntée par de nombreuses personnes, qui venant du sud de La Source, se rendent au marché, à la Poste, à la Mairie, à la salle Fernand-Pellicer, au lycée, au collège Montesquieu.

Mr. Languerre, le 19 juin, lors d’une réunion de concertation avec les habitants proches de cette venelle, préconise alors la fermeture et même, si les riverains d’autres venelles du secteur en faisaient la demande, la fermeture d’autres venelles, voire de toutes.«Le modèle de base de La Source a 40 ans et n’est plus valable aujourd’hui».

Quelques remarques

Le plan de La Source a été conçu pour permettre des circulations douces pour les piétons, les cyclistes, les poussettes d’enfants etles fauteuils d’handicapés grâce à un maillage de venelles à l’intérieur des grands secteurs d’habitations rectangulaires délimités par quelques grands axes de circulation Nord- Sud et Est-Ouest. Supprimer les venelles encouragera la voiture, ce qui est en contradiction avec le souci «écologique» de l’actuelle municipalité. A moins de percer des rues d’une placette à une autre pour que les piétons n’aient pas à faire des kilomètres inutiles qui les lasseront vite.

Par exemple, un élève habitant rue Auguste Renoir devrait emprunter pour se rendre à vélo au collège Montesquieu la rue Maurice Genevoix, sans piste cyclable, puis la piste cyclable de l’avenue Claude Guillemain, avec 5 intersections de rues, et enfin traverser deux fois l’avenue Diderot pour circuler dans le sens autorisé de la bande cyclable avant d’atteindre le collège. Ce trajet est d’environ 700 mètres plus long que par la venelle Poincaré et beaucoup plus dangereux.

Son petit camarade de la rue Watteau qui n’avait que 700 mètres de venelles à parcourir pour le rejoindre au collège aurait désormais un trajet allongé de 550 mètres en passant par la rue Poincaré, l’avenue de la Bolière et la rue Branly.

Ne parlons même pas du parcours piétonnier ou cycliste d’un habitant de la rue Watteau travaillant au BRGM, il est multiplié par 4 ou 5, passant de 400 à plus de 2.000 mètres.

La fermeture de venelles provoque les mêmes conséquences en terme de report de circulation piétonne ou cycliste sur les grands axes avec des allongements de parcours considérables, et une utilisation de la voiture. Imaginons ce qui se passerait dans le grand rectangle compris entre les avenues de l’Hôpital et de la Bolière sans aucune possibilité de le traverser autrement que par les rues Romain- Rolland et Ambroise Paré ? Bien évidemment il est constamment rappelé que des circulations resteront ouvertes, alors pourquoi envisager ailleurs la fermeture de venelles utiles car régulièrement empruntées ?

Des décisions d’urbanisme qui engagent la qualité de vie dans le quartier ne peuvent, ne doivent pas se prendre en répondant au coup par coup aux demandes particulières des riverains, mais nécessitent une vision d’ensemble de la circulation dans le secteur et un traitement équitable, global, qui satisfasse tout le monde, y compris les non riverains utilisateurs, jamais consultés. La fermeture de la venelle Poincaré ne concernerait au maximum que 10 riverains, mais combien d’autres utilisateurs ? Oui, c’est difficile de gérer l’intérêt général plutôt que de faire plaisir. Une pétition qui a recueilli environ 150 signatures a circulé auprès de Sourciens non-riverains qui s’opposent à cette fermeture.

Pour éviter la fermeture pourquoi ne pas proposer, comme cela se fait en centre ville pour le ravalement de façades dans l'intérêt général, une participation municipale à la pose de clôtures plus efficaces, si on est incapable de gérer la délinquance ?

La chasse aux délinquants, si chère à nos édiles, serait plus efficace pour la sécurité que de fermer des venelles si utiles aux Sourciens. Quand, toutes venelles fermées, les cambriolages se feront par les rues, ne doutons pas que la municipalité n’en arrive à les fermer aussi.

La fermeture d’une venelle par des portillons dont les riverains seuls possèdent les clés crée une inégalité flagrante entre les Sourciens. Les riverains peuvent toujours l’emprunter. Les autres, condamnés à des détours, paient toujours par l’intermédiaire des taxes (et Dieu sait si elles sont élevées à La Source !) l’entretien de ces venelles qui leur sont interdites. Qu’en penserait un tribunal ? Fermer une venelle, soit, si aucune autre solution n’est possible. Mais la fermer vraiment, et ne pas la laisser en jouissance privée aux riverains qui en ont demandé la fermeture, et qui la font entretenir par la communauté. Une extrémité de la venelle pourrait être complètement fermée sans possibilité d'ouverture, seule l'autre extrémité serait munie d'une porte pour que les riverains puissent entretenir les haies, et que la voirie puisse entretenir la venelle.

Enfin, il ne nous semble pas sain que la personne responsable de l’enquête et ayant un fort pouvoir de décision en la matière soit justement riverain de cette venelle.


Les venelles à La Source


Un grand réseau de communications:
Le plan de La Source a été conçu pour permettre des circulations douces pour les piétons, les cyclistes, les poussettes d’enfants et les fauteuils d’handicapés grâce à un maillage de venelles à l’intérieur des grands secteurs d’habitations rectangulaires, délimités par quelques grands axes de circulation Nord- Sud et Est-Ouest.

       Elles sont un agrément.
       - Raccourci pour se rendre d'un lieu à un autre.
       - Sécurité hors de la circulation motorisée.
       - Environnement très souvent apprécié pour son cadre (nature, silence).

       Elles sont indispensables.
Imaginons ce qui se passerait sans venelles dans le grand rectangle compris entre les avenues de l’Hôpital et de la Bolière sans aucune possibilité de le traverser autrement que par les rues Romain- Rolland et Ambroise Paré ?

L'avis d'un urbaniste

Vive les venelles de La Source !

    Dans le numéro 100 de cette revue, j’ai déjà souligné l’importance du réseau de venelles dans la conception d’origine de La Source. Ce qui était à l’époque une grande innovation devient aujourd’hui le moyen privilégié de tous les éco-quartiers pour favoriser les circulations douces des vélos et des piétons, et limiter l’omniprésence de la voiture.

    À La Source, les venelles ont permis à la fois de conserver des massifs boisés proches des habitations, de servir de raccourci nécessaire pour faire communiquer entre eux les lotissements en cul de sac et les principaux équipements publics, et de limiter le trafic automobile aux grands axes.
L’ensemble des venelles, à l’est et à l’ouest de l’avenue de la Bollière et au sud du quartier, forme un maillage très organisé, un peu comme un réseau sanguin où toute interruption du réseau a des répercussions sur l’ensemble.

    A ce titre, le réseau des venelles constitue un précieux bien commun que les habitants de La Source ont à protéger et à améliorer. Cela passe par la qualité des sols, l’éclairage, l’entretien des clôtures, la multiplication des bancs (pour les jeunes et pour les vieux !), des systèmes efficaces pour empêcher tout passage de véhicules à moteur etc.

Sourciens, ne laissez pas détruire vos venelles !

Claude THIBERGE, architecte urbaniste retraité


        Suite à la fermeture envisagée d'une d'entre elles, retrouvez le reportage dans l'Indien N° 110 .